« Qu'en est-il des autres fins gourmets amateurs de plats napolitains ? » j'ai mené l'enquête !
Pour ce faire, je me suis fait aider d'une classe de CM1. Voici l'exercice que je leur ai demandé de résoudre :
Le petit Gontran va acheter une pizza dont un des ingrédients est du jambon, chez son pizzaiolo favori. Or, le fournisseur de ce dit jambon a augmenté son tarif de 2 euros par kilogramme. Le pizzaiolo a donc augmenté le prix de la pizza de 30 centimes d'euro.
I) Calculez l'augmentation que le pizzaiolo aurait dû pratiquer afin de conserver la même marge.
II) Le petit Gontran doit-il remercier le pizzaiolo de n'augmenter la pizza que de 30 centimes d'euros ? (nous considérerons ici que le petit Gontran n'est pas masochiste).
III) Le petit Gontran doit-il faire cramer le camion à pizza du pizzaiolo car celui-ci le prend pour un con ?
Afin de vous aider, une enquête a été réalisée afin de déterminer certains éléments qui vous permettront de résoudre cet épineux problème :
- Le kilogramme de jambon coûtait 10 euros avant l'augmentation (achat en gros dans un magasin spécialisé).
- En moyenne, le pizzaiolo se sert d'une tranche de jambon par pizza.
- Une tranche de jambon pèse 50 grammes.
Voici la réponse du meilleur élève de la classe, un certain Jean-Christophe. Bravo à lui pour son excellent travail !
I) Nombre de pizzas cuisinées avec 1KG de jambon :
1000/50 = 20 pizzas
Somme dépensée pour acheter du jambon avant l’augmentation par pizza
10/20 = 0,50 euros (soit cinquante centimes d'euros)
Somme dépensée pour acheter du jambon après l’augmentation par pizza
12/20 = 0,60 euros (soit soixante centimes d'euros)
Conclusion :
II) Je ne pense pas que le petit Gontran doive remercier le pizzaiolo de « n'avoir augmenté le prix des pizzas que de 30 centimes d'euros » car l'augmentation aurait dû être 3 fois moins élevée. Si le petit Gontran avait aimé se faire attacher et suspendre par les testicules avec des crochets de boucher tout en se faisant fouetter avec des orties fraîches, nous aurions pu reconsidérer la question mais l’énoncé du problème nous laissait penser que ce n'était pas le cas (d'ailleurs je rappelle que je suis en CM1 et que j'ai 9 ans, je ne pense pas que de telles pratiques existent).
III) Il semble effectivement que le pizzaiolo profite de la conjoncture actuelle pour mettre plus de beurre dans ses épinards que de jambon sur les pizzas. Néanmoins vu le prix de l'essence, je pense qu'il n'est pas judicieux de mettre le feu à son camion, à moins de tenter de faire ça à l'aide d'une loupe qui réfléchirait les rayons du soleil en un seul point mais je pense que ce serait fastidieux. De plus, il risquerait provoquer un feu de forêt, ce qui pourrait faire augmenter le prix du bois et donc faire augmenter le prix de sa future pizza… Le petit Gontran devrait manger des fruits et des légumes au lieu de manger des pizzas (en tout cas, c'est ce que dit la maîtresse, même si j'ai l'impression que ce n'est pas ce qu'elle préfère avaler...).
Grâce à ce formidable travail du petit Jean-Christophe ainsi qu'à mon enquête, nous pouvons conclure que ce pizzaiolo vous escroque entre 20 et 30 centimes par pizza. Merci à lui !
Alors bien sûr, il y a plein de choses qui ont augmenté mais il ne faut pas me dire que c'est le jambon qui fait augmenter le prix de ma pizza, surtout quand il n'y en a pas dessus....
La fin du parcours ferroviaire approchant et étant moi-même prévoyant, je décidai d'aller aux toilettes pour évacuer certains liquides afin que le trajet de la gare à l'hôtel soit le plus confortable possible. Alors que j'observais toute la fine mécanique présente dans ces toilettes (SNCFment parlant, la mienne n'est pas si fine) et toujours en train d'évacuer ce qu'il fallait évacuer, une fan tenta de crocheter le verrou. Je me dis que de toute façon même si elle avait réussi son coup, il n'y avait pas assez de place pour deux personnes, à moins de dangereuses contorsions. Libéré de mes liquides, je sortis prêt à la rencontrer mais personne n'était derrière la porte ; la sécurité avait certainement géré la situation en toute discrétion. Je pouvais rejoindre mon siège sereinement, en passant devant nos joyeux lurons qui avaient donné un verre de vin à une dame, heureuse de partager ce moment et son adresse avec ces jeunes gens, sous l’œil méfiant (envieux ?) du sosie de DSK. La voix du contrôleur retentit une dernière fois, annonçant un retard de 52 minutes et le fait que la SNCF n'avait pas de solution pour les gens ayant une correspondance pour Lille. Heureusement que nos GO avaient été prévoyants, au moins ils ne mourraient pas de soif en attendant un hypothétique moyen d’arriver à destination.
Nous descendîmes de notre wagon, achetâmes le juste nombre de tickets de métro dont nous aurions besoin pour le séjour et cherchâmes un endroit pour nous reposer avant de reprendre la route vers l'hôtel. A peine étions nous sortis de la gare, que mon sherpa se fit alpaguer pour acheter un livre. Après une grande discussion philosophique sur les bienfaits de la lecture et sur l'organisation obscure qui s'occupait de cette initiative, mon sherpa donna 50 centimes à l'association et laissa le livre. Le quémandeur trouva que c'était peu mais mon sherpa lui fit remarquer que 50 centimes pour rien ce n'était pas une si mauvaise affaire. Après avoir avalé un chocolat chaud (une bière pour mon sherpa) dans un bar, nous prîmes le métro puis marchâmes en direction de l'hôtel, tout en cherchant du regard quels lieux attrayants pourraient nous accueillir avant et/ou après le concert. Nous avons arpenté quelques kilomètres mais ne vîmes rien de remarquable si ce n'est une dame qui déambulait si lentement qu'on aurait pu croire qu'elle faisait du sur place. Nous la doublâmes sans un regard puis quelques centaines de mètres plus loin, à une encablure de l’hôtel, nous la revîmes devant nous, toujours sur le même rythme, entrer dans un logement... Nous avions doublé le sosie comportemental de Droopy !
La porte de l'hôtel franchie, nous fûmes accueillis par un son étrange venant de l'ascenseur. Une chanson de JUL ? De Wejdene ? Nous allions vite le savoir... Quand la porte s'ouvrit, une femme de ménage, seule, apparut, parlant un dialecte inconnu. Levant la tête, elle s'adressa alors à la réceptionniste qui n'eut pas l'air de comprendre ce qu’elle lui disait, puis s'éloigna de nous lentement dans une brume bleutée. Qui était-elle ? Que voulait-elle ? Ai-je enquêté à ce sujet ? Non. Souhaitant finir cet article avant Noël (et surtout avant l'écriture d'un autre), nous conclurons par ce qui paraît être le plus logique, à savoir que nous avions certainement vu le fantôme d'une femme de ménage, coincée entre le monde des morts et le nôtre. La brume s'étant mystérieusement dissipée, je prenais les clés de notre chambre, curieux de voir à quoi ressemblerait notre pied-à-terre provisoire. Après 75 tours de clés, la porte s'ouvrit enfin sur une pièce sentant le tabac froid et sur un unique lit. Après avoir fait un bref tour du propriétaire, nous redescendîmes à la réception pour rendre ces clés et récupérer celles de la chambre que j'avais commandée quelques semaines plus tôt. Après d’âpres négociations pour obtenir notre dû, nous avons enfin pu nous installer dans notre chambre à deux lits ; je pourrais dormir sur mes deux oreilles sans craindre la potentielle affection nocturne excessive de mon sherpa.
Une bière dans une main et armé de son GPS dans l’autre, mon sherpa nous taillait la meilleure des routes à travers la jungle urbaine et hostile. Nous zigzaguions dans ses méandres au gré des travaux, des traversées de Seine et des pigeons morts. Un raccourci nous fit traverser un camp de sans-abris puis nous fit tomber nez à nez avec le périphérique parisien. Le seul passage qui semblait exploitable était un mince trottoir qui après de fines recherches se trouve être le plus étroit du monde. N’écoutant que notre courage, nous nous engageâmes dans un exercice de funambulisme sur cette liane de béton le long du périphérique sous les hourras et les bravos des automobilistes, des bus et des camions qui frôlaient nos épaules. A peine en avions nous terminé avec notre numéro d’équilibristes qu’un grand escalier s’imposait devant nous. Nous l’escaladâmes sans crampon ni piolet et nous retrouvâmes dans une allée surplombant le parc de Bercy.
Pour être honnête, quand j’entrai dans la salle, Brass Against était déjà en train de jouer. Sur la scène, Sophia Urista s’époumonait toute de noir vêtue, du blouson aux cuissardes et passant par sa jupe courte et sa queue de pie, devant les quelques spectateurs qui avaient réussi à passer les contrôles de sécurité mais surtout l’exploit de trouver leur place. Elle était accompagnée d’un batteur, d’un guitariste, d’un bassiste et bien évidemment d’une demi-douzaine de cuivres, tous en blanc. Comme lors de mon précédent concert dans cette salle, le son était absolument immonde, épais, baveux telle la grosse langue du grand léchant mou. Heureusement que nous connaissions déjà la plupart des morceaux joués puisque le groupe reprend des titres de Rage Against The Machine, Tool, Audioslave, Led Zeppelin ou Deftones. Afin de protester contre un son si mauvais, la chanteuse aurait pu déféquer sur la scène mais ça n’aurait surpris personne puisqu’elle avait déjà uriné sur un spectateur quelques semaines plus tôt sans motif de protestation et pour le plus grand plaisir de celui-ci (il m’arrive d’écrire « pourquoi pas ?» mais ici un « pourquoi ? » suffirait…). Étant assis au balcon, au moins nous ne risquions rien. Le set de trois quart d’heure était puissant et plaisant. Le show était rodé et les titres suffisamment bien choisis pour être repris efficacement à la mode « fanfare ». Visuellement, néanmoins, je sentais bien que le groupe était clairement considéré comme une première partie puisque à part son nom derrière lui, seuls quelques spots de couleurs venaient agrémenter le show.
Comme pour la première partie, je commençai une partie de cache-cache avec ma place comme la plupart des spectateurs. Ces va-et-vient intempestifs ne semblaient pas déranger Tool qui était déjà occupé à combler son public. Le batteur, Danny Carey, se trouvait au milieu de la scène. Devant lui à droite et à gauche se tenaient Justin Chancellor (basse) et Adam Jones (guitare). Le chanteur Maynard James Keenan quant à lui, trimbalait sa crête écarlate en arrière-plan, arpentant l’arrière de la scène tel un lion en cage, tantôt à droite, tantôt à gauche et plus souvent dans l’ombre que sous les projecteurs. Le groupe était dissimulé derrière un gigantesque rideau transparent (jouant aussi bien à cache-cache qu’un enfant de 3 ans) et devant des projections de vidéos psychédéliques tirées des visuels habituels du groupe.
Nos tympans s’étant habitués à la bouillie auditive de la salle, nous pûmes apprécier la qualité indéniable des musiciens. Ce concert était l’exact contraire de celui de Metallica au Stade de France, où malgré un son tout à fait correct, seul le bassiste Robert Trujillo avait trouvé grâce à mes yeux (inutile de chercher cet article sur mon blog puisque j’avais décidé de ne pas écrire à ce sujet en signe de protestation). Vers la moitié du spectacle, le rideau s’ouvrit sous l’ovation du public. – « Les gars ! Le rideau est transparent ! Vous avez des problèmes de vue ? » me refusais-je de m’exclamer. La performance musicale des quatre membres du groupe était excellente, mystique et pêchue. Tool effectua un concert très millimétré, trop peut-être… En effet, le fait qu’il n’y ait que des places assises et le fait d’être interdit de prendre des photos sous peine d’être évacué de la salle manu militari par les vigiles, donnaient parfois l’impression d’assister au baptême d’un petit cousin éloigné. Le rappel par exemple fut annoncé par un compte à rebours de dix minutes… ne nécessitant donc pas d’acclamation du public pour voir revenir officier les maîtres de cérémonie de la soirée. Celui-ci attendit donc patiemment et gentiment leur retour. A l’instar de Metallica, Tool n’est pas un groupe porté sur la philanthropie ; preuve en est le prix des billets et des divers objets en vente, sans parler de la somme prohibitive qu’ont dû débourser les heureux propriétaires du dernier album. Alors que les crises sanitaires, économiques et autres se succèdent et que les gens ont, à mon sens, besoin de liberté et d’exutoires en tout genre, je trouve assez malvenue l’attitude « racketteuse » et castratrice du groupe qui jure de surcroît avec l’ambiance, la thématique et le style progressif de sa musique. La seule entorse à ce comportement despotique apparût lors de la dernière chanson du rappel. Le groupe, s’étant rapproché du devant de la scène, s’était assis pour une version acoustique. Mon sherpa commença à frétiller, croyant qu’un feu de bois aller être allumé et que le groupe aller faire une reprise de Maxime Le Forestier. Il n’en fût évidemment rien mais l’événement fût que le groupe, dans sa grande bonté, accepta qu’on les prenne en photo ! (mais sans flash ! faut pas déconner…).
La setlist du concert se consacra à 86% des morceaux du dernier album dans sa version physique (ou 70% de la version numérique, ben oui, jeune artiste, si tu veux gagner plus de pognon, fais des versions différentes, y aura toujours des cons pour les acheter…). La moitié du concert étant donc, si mes calculs sont bons (et ils le sont bien évidemment), promise à cet album. Les titres étant assez longs, il n’en restait que sept pour finir la setlist. Le groupe ayant sorti récemment une version remastérisée de son premier titre, il fallait, là aussi, en faire la promotion, limitant encore la place pour les autres morceaux… - « Tool a -t-il joué mes titres préférés ? » te demandes tu fébrilement ? Presque, puisque la plupart des morceaux sont excellents, néanmoins MON morceau était absent !! En effet, pas de forty-six & 2 ! Ni d'ailleurs de sober ou de schism…. A la place, nous avons eu droit à un solo de batterie filmé en vue de dessus décuplée à la manière d’un kaléidoscope.
A la lecture de ces quelques lignes, tu pourrais penser que je suis déçu mais il n’en est rien. La performance musicale était excellente et c’était ce que j’étais venu écouter, même si une dernière fois pour la route, le son de cette salle est définitivement médiocre.
Note à Tool : penser à ouvrir un restaurant ouvert après minuit à Bercy Village afin de se faire de nouvelles couilles en or…
Il fallait se faire une raison, nous ne mangerions pas tout de suite… Nous repartîmes vers l’hôtel. Paris allait certainement mettre quelques-uns de ses meilleurs restaurants sur notre route. Mon sherpa reprit son GPS et nous marchâmes encore et encore. Nous traversâmes la Seine plusieurs fois, nous passâmes sur des voies indéterminées, nous vîmes un homme arrêter sa voiture sur le bord du fleuve et y jeter des sacs en plastique. Qu’importe s’ils contenaient Mimie Mathy, Passe-Partout, Passe-Murailles ou Passe-Moi-Le-Sel, des lingots d’or, la dignité et la pudeur des candidats des émissions de téléréalité, la recette secrète originelle de l’omelette de la mère Poulard, les plans de l’étoile noire ou l’identité de l’assassin de Kennedy. Il fallait que l’on mange ! Nous laissâmes donc ce louche individu à ses obscures affaires et reprîmes notre marche effrénée.
Le lendemain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, nous avons plié bagages de l’hôtel pour nous installer sur la terrasse d’en face afin que mon sherpa prenne un frugal petit déjeuner. Son café avalé, nous nous sommes dirigés vers la station de métro, passant par le marché, croisant nos voisins, nos amis, nos familles. Arrivés à la station, j’achetai un nouveau ticket de métro puisqu’il ne sert à rien d’avoir le bon nombre de tickets quand on les perd. L’émotion était palpable dans la rame au moment de quitter les Ivryens. Quelques minutes plus tard, nous arrivâmes à la station de la gare Montparnasse où éblouis par sa beauté, nous décidâmes d’en faire quatre fois le tour avant d’en sortir. Il allait être 10h30 et nous nous mîmes en quête de trouver un restaurant proche de la gare. La plupart d’entre eux ne servant qu’à partir de 11h, le choix fût beaucoup plus simple. Nous nous installâmes sur une terrasse face à la tour Montparnasse et nous commandâmes nos plats et nos bières. Je regrettais mes burgers de la veille en mangeant un pavé de saumon trop cuit. Notre repas englouti, nous allâmes vers la gare en essayant d’éviter les marchands de livres. Un touriste se fit aborder par une espèce d’évangéliste et lui fit comprendre avec un peu moins de patience que nous qu’il n’était pas intéressé par une place au paradis. Mon sherpa pris un litre de café bouillant pour attendre le train. Après avoir erré dans la gare, nous trouvâmes enfin des banquettes avec des coussins en bois pour patienter. Nous pûmes observer la faune en transit : tantôt des familles, tantôt des enterrements de vie de jeune fille, quelques oiseaux perdus, et même malgré le manque d’eau quelques raies. Au bout de quelques minutes, nous nous rendîmes à notre train dans lequel ma distraction, ainsi que celle de tout le wagon, fut l’observation d’un jeune couple catholique accompagné de ses trois enfants en bas âges. Le train nous ramena sans retard en gare d’Angoulême où je pus récupérer ma voiture que j’avais garée devant une résidence universitaire. Je ramenais mon sherpa chez lui. Puis enfin chez moi, je me dis que puisque je n’avais pas grand chose à raconter, j’écrirais un article court que je posterais dans les heures qui suivraient.